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Une enquête publiée par Al-Araby Al-Jadeed, intitulée « Médias français : la voix d’Israël résonne dans les rédactions », fondée sur l’observation des pratiques éditoriales de plusieurs grands médias français, a révélé d’importantes disparités dans la couverture de la guerre à Gaza, notamment sur France Info TV et dans le quotidien Le Parisien.
Selon les résultats de cette enquête, des écarts considérables ont été constatés dans le temps d’antenne et l’espace médiatique accordés aux voix israéliennes et palestiniennes, dans le choix des termes employés pour couvrir la guerre, ainsi que dans la diminution de la couverture des événements sur le terrain et des développements judiciaires liés au conflit à Gaza.
Une représentation inégale
D’après les archives de diffusion de France Info TV, couvrant la période de septembre 2024 à juin 2026, l’ambassadeur d’Israël en France, Joshua Zarka, a été invité à 24 reprises, que ce soit en studio, dans des émissions de débat ou lors d’interventions radiophoniques.
En revanche, l’ambassadrice de Palestine en France, Hala Abou Hassira, n’a bénéficié que d’une seule intervention en visioconférence en direct, d’une durée maximale de quatre minutes et vingt secondes.
Selon l’enquête, cette intervention a été marquée par une interruption du présentateur, qui a ensuite remis en question certaines de ses déclarations après son départ de l’antenne.
Concernant les analystes et les correspondants, l’étude a recensé 67 interventions de la journaliste et ancienne diplomate israélienne Rina Bassist, contre seulement 10 interventions à distance du correspondant palestinien Rami Abou Jamous durant la même période.
Dans la presse écrite, une analyse du quotidien Le Parisien, portant sur la période du 16 janvier au 6 février 2026, a révélé que les sources et personnalités israéliennes représentaient 89 % de l’ensemble des citations publiées dans le journal.
L’enquête indique également que le quotidien a accordé une place à 69 personnalités israéliennes, dont les récits personnels ont été évoqués 239 fois, contre seulement neuf personnalités palestiniennes, dont les noms ont été mentionnés 15 fois.
Terminologie et politiques éditoriales
L’enquête a mis en évidence des différences dans le vocabulaire journalistique utilisé à la télévision et dans les articles de presse.
Les Israéliens détenus ou capturés sont presque exclusivement qualifiés d’« otages », tandis que les Palestiniens détenus sont désignés comme des « prisonniers ».
L’enquête rapporte également qu’une erreur éditoriale ponctuelle, apparue dans un bandeau d’information utilisant l’expression « otages palestiniens », aurait entraîné la suspension immédiate du rédacteur en chef.
Selon l’enquête, certains invités et responsables politiques ont fait l’objet d’avertissements ou de réprimandes de la part des présentateurs lorsqu’ils employaient des termes tels que « génocide ».
En revanche, les déclarations de l’armée israélienne auraient été relayées sans être soumises au même degré de vérification ou de contrôle éditorial.
L’analyse indique que Le Parisien a évité l’utilisation de termes comme « droit international » et « colonisation », leur préférant des expressions telles que « l’échec humanitaire à Gaza ».
L’enquête a également relevé l’utilisation répétée du terme « terroriste » pour qualifier les combattants du Hamas, tandis que des qualificatifs négatifs comparables étaient absents des descriptions des soldats israéliens.
Ampleur de la couverture médiatique
Selon l’enquête, France Info TV a enregistré une diminution de 92 % des mentions du mot « Gaza » entre octobre 2025 et juin 2026.
L’enquête souligne également l’absence de plusieurs grands médias français lors des audiences de la Cour internationale de Justice, à La Haye, portant sur l’utilisation de la famine comme méthode de guerre et sur les attaques visant l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA).
Selon le rapport, certaines rédactions ont justifié cette absence par des « contraintes budgétaires » et la lenteur des procédures judiciaires.
L’analyse des unes du quotidien Le Parisien a révélé que 15 couvertures avaient été consacrées à Israël et aux questions relatives aux otages depuis septembre 2024, contre seulement cinq consacrées à Gaza.
L’enquête précise que la majorité de ces dernières ne comportaient pas d’images illustrant l’ampleur des destructions ou les souffrances de la population civile.
Elle souligne également que plusieurs dossiers jugés majeurs ont été peu présents dans la couverture médiatique, notamment le plan de siège du nord de Gaza et les mandats d’arrêt délivrés par la Cour pénale internationale.
Différences éditoriales
Dans l’introduction de son enquête, Al-Araby Al-Jadeed affirme que les médias constituent un « champ de bataille parallèle », où se construisent les récits et se façonnent les perceptions qui influencent l’opinion publique.
À partir de son observation des pratiques de plusieurs médias français, notamment France Info TV et Le Parisien, l’enquête conclut à l’existence d’importants déséquilibres dans la représentation des récits israélien et palestinien ainsi que dans l’espace médiatique accordé à chacun.
Selon le rapport, ces déséquilibres dépassent le cadre des différences éditoriales habituelles.
L’enquête souligne également que plusieurs grands médias français n’ont pas accordé à certains développements judiciaires liés à la guerre à Gaza le même niveau d’attention qu’à d’autres dossiers.
Elle attribue cette situation, selon les éléments recueillis, à plusieurs facteurs, notamment le manque de moyens financiers, la lenteur des procédures judiciaires et la sensibilité politique de certaines questions.
Conclusions de l’étude
Les résultats de l’étude mettent en évidence des disparités importantes dans le traitement de la guerre à Gaza par les médias français examinés.
Ces différences se manifestent dans la représentation des sources et des personnalités, le choix des termes employés et la hiérarchisation des priorités éditoriales.
Ces conclusions soulèvent des interrogations sur les normes journalistiques appliquées à la couverture du conflit et sur leur influence éventuelle sur la capacité du public français à accéder à une information équilibrée et complète concernant les développements militaires, humanitaires et juridiques qui y sont liés.
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